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Il n’y a pas de honte a faire des marges

Par Stephane Dalyac , le Dimanche 22 juin 2008

Marges arrières, sur-marges :  le mot même de marge a pris ces années dans notre pays des connotations négatives, c’est le moins que l’on puisse dire. La faute à des pratiques peu recommandables peut-être. Sans doute aussi à notre culture.

A l’heure où la hausse du pouvoir d’achat et son corolaire, la hausse des  prix, dominent le discours médiatique, et que les fournisseurs de denrées alimentaires sont souvent montrés du doigt, il ne me semble pas inutile de rappeler quelques vérités toutes simples.

A savoir que l’économie de marché dans laquelle nous vivons est basée sur le principe même de la réalisation de marges par les entreprises commerciales, qui en tirent les bénéfices qui tirent la croissance en avant, procurent des emplois, etc. Une entreprise peut certes s’impliquer en tant qu’acteur économique responsable dans des projets allant vers le bien commun. On ne peut lui demander d’assumer la mission de faire baisser les prix, de faire baisser ses marges, bref d’aller à l’encontre de sa vocation naturelle qui est de croître et de se développer. Aux lois de l’offre et de la demande et de la concurrence de réguler ce sain appétit de croissance. 

Nous sommes les premiers à nous mobiliser pour que ces mécanismes jouent à plein.

Des négociations de tarifs sans contrepartie ? Oui, mais des deux côtés

Par Stephane Dalyac , le Dimanche 15 juin 2008

On ne négocierait pas assez en France ? J’ai tendance à penser qu’on ne négocie surtout pas dans un cadre législatif assez équilibré. Libérer la négociation pour faire baisser les prix est l’un des objectifs du projet de loi de modernisation de l’économie, qui voit dans de la réforme des règles encadrant les rapports fournisseurs/distributeurs le meilleur moyen de défendre le pouvoir d’achat sans mettre d’argent publique dans l’économie (comme cela aurait été le cas dans l’hypothèse évoquée de la baisse de la TVA sur les produits alimentaires).

Chez Yoplait, nous sommes en phase sur le principe avec cette approche. Mais nous trouvons que la proposition actuelle n’est pas équilibrée.  La fameuse « négociation sans contrepartie » qui a fait couler beaucoup d’encre prétend favoriser la libre négociation des tarifs entre fournisseurs et distributeurs. En fait, elle accentue l’inégalité du rapport de forces existante entre les partenaires commerciaux, et se traduira par une domination encore accrue des grands distributeurs sur les fournisseurs.

Ce que nous demandons, en tant que fournisseur, c’est de négocier à armes un peu moins inégales. D’abord en ayant un droit élargi en terme de refus de vente, le droit en somme de choisir avec quelles enseignes nous souhaitons commercer. Après tout, les distributeurs, eux, ne s’en privent pas !

Enfin, il me semblerait vraiment efficace de supprimer le seuil de revente à perte, tout en maintenant bien sûr en place les mécanismes légaux empêchant les pratiques de prédation, d’ailleurs pratiquement inexistantes sur notre marché.  Faire sauter ce verrou permettra que les distributeurs cessent de se cacher derrière nos tarifs supposément trop élevés. Finalement, ce que nous souhaitons, c’est plus de liberté afin que chacun puisse trouver des clés de croissance qui permettront de diminuer les prix de vente.

Implantation des grandes surfaces : il faut aller encore plus loin

Par Stephane Dalyac , le Mercredi 11 juin 2008

Le volet le plus important de la Loi de Modernisation de l’Economie, en ce qui concerne la volonté de faire baisser les prix, est le volet urbanisme commercial en ce qu’il touche directement à la question essentielle de la concurrence entre grandes surfaces. Le projet de loi propose d’assouplir la loi Raffarin de 1996 sur l’implantation des grandes et moyennes surfaces, et nous en sommes ravis.

Mais il conviendrait d’aller plus loin et de supprimer purement et simplement  cette loi, comme le préconisait d’ailleurs le rapport Attali de la commission sur la « libération de la croissance »  et soumettre l’urbanisme commercial au régime de droit commun. Le projet actuel  prévoit de ramener à 1000 m2 la surface de vente au-delà de laquelle les commerces sont obligés de demander des autorisations administratives pour s’implanter. Ce seuil n’est  à mon sens pas raisonnable si l’on veut véritablement instaurer une concurrence efficace entre les supermarchés. Le partage des zones de chalandises par les enseignes nationales est en effet le nerf de la guerre.

Or quand on sait que la moyenne des supermarchés est de 6000 m2, tandis que celle des hypermarchés se situe aux alentours de 1600 m2, on ne peut que trouver dérisoire ce seuil de libre implantation de 1000m2. Cette mesure ne changera absolument pas la donne, sauf peut-être en ce qui concerne les superettes dont on sait bien qu’elles ne sont pas l’enjeu.

Ce dont il s’agit ici, c’est de casser les situations de fait de monopoles des super et hyper marchés, qui sont les causes premières de la pratique des sur-marges. Plus d’un tiers des zones de chalandises sont actuellement dans une situation de ce type, où la concurrence est bannie. Or, dans une période où le prix des matières premières ne cesse d’augmenter, ce n’est qu’en instaurant plus de concurrence dans le circuit de distribution que nous verrons les prix baisser. C’est du moins mon point de vue.