Un petit pas pour la vache, un grand pas pour l’humanité
Connaissez-vous L1 Dominette ? Sous ce nom un peu exotique se cache pourtant une vache Hereford en passe de devenir une célébrité: elle est en effet la première vache dont le génome a été cartographié. C’est le magazine Science qui nous l’apprend dans son édition d’avril 2009.
La course à la cartographie du génome des espèces animales, démarrée avec la drosophile et le ver commun il y a près de dix ans, a abouti à la connaissance quasi complète du génome de l’espèce humaine. Pour le travail entrepris sur la vache, deux équipes concurrentes – l’une du Baylor College of Medicine de Houston, l’autre du CSIRO (The Commonwealth Scientific Industrial Research Organisation) - représentant au total près de 300 chercheurs ont travaillé pendant plus de six ans pour accomplir une mission, dont l’enjeu est plus économique que scientifique, notamment pour l’amélioration de la production de viande ou de lait. Les deux équipes ont, heureux hasard, publié leurs résultats de manière quasi simultanée.

Crédits photo : USDA Agricultural Research Service Research Geneticist Michael D. MacNeil.
On apprend ainsi que, doté de 29 paires de chromosomes, le patrimoine génétique bovin contient environ 2870 milliards de séquences ADN, ce qui représente plus de 22 000 gènes, dont 14 000 sont communs avec d’autres mammifères. Il apparaît que ce patrimoine génétique a été réorganisé de façon importante dans la mesure où la lignée a divergé il y a 95 millions d’années d’un ancêtre commun aux mammifères. Cette réorganisation a altéré les gènes impliqués dans l’immunité, la reproduction, la lactation, la digestion et le métabolisme. Les vaches semblent de plus être plus résistantes aux maladies.
Autre information intéressante publiée par le CSIRO, 80% des gènes bovins seraient semblables aux gènes humains, ce qui permet dans un même temps de mieux connaître le génome humain. Les protéines bovines seraient ainsi plus proches des protéines humaines que ne le sont celles de la souris, ce qui pourrait inciter à effectuer toutes sortes de travaux de recherche médicale sur la vache, plutôt que sur la souris, dans le futur. On citera ainsi, parmi les nouveaux champs d’investigation ouverts par ces travaux de recherche, l’étude de certaines protéines et de leurs vertus antimicrobiennes, dont peuvent bénéficier les êtres humains, après ingestion de lait ou de produits laitiers.
L1 Dominette n’est sans doute pas (encore) l’animal le plus célèbre de France. Mais pour notre industrie, elle pourrait bien le devenir…
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