Perrette et le coût du lait

Par Stephane Dalyac

On parle beaucoup du prix du lait ces derniers temps. Et comme souvent lorsqu’un sujet devient brûlant, on peut lire et entendre beaucoup d’informations incomplètes, voire partiales. Nos lecteurs méritent qu’on leur explique un peu plus précisément de quoi on parle.

Il faut savoir qu’un transformateur – un fabricant de fromage, de yaourt ou de beurre - n’utilise pas 100% du lait qu’il achète auprès des producteurs. Un fabricant achète du lait auprès d’un certain nombre de fermes. Il s’engage à acheter leur lait tout au long de l’année, que ce soit lors de la saison de haute ou de basse lactation des vaches. Les consommateurs, eux, ne calent pas leurs achats sur la saisonnalité de production de lait des vaches. Tout le lait ne peut donc pas être transformé pour faire des produits de consommation valorisés comme le yaourt ou le fromage. Une portion non négligeable du lait acheté par les transformateurs doit être ainsi revendue sous la forme de poudre de lait et de beurre. En bref, nous revendons sous forme de « sous-produits » une partie du lait que nous achetons.

Beurre et poudre, à la différence du lait frais, sont stockables. Leurs prix, devenus très spéculatifs, se sont récemment effondrés… En bref, un producteur comme Yoplait revend une partie du lait qu’il achète sous forme de sous-produits, vendus beaucoup moins cher qu’il ne l’achète sous forme de lait frais. Et lorsqu’il perd, sur chaque litre obligatoirement acheté et impossible à transformer en yaourt, la différence entre prix du lait et prix effondré du beurre ou de la poudre, cette différence doit être ajoutée au prix de revient du lait qu’il achète. C’est l’ajout de ces pertes à ces achats de lait qui forme le « coût du lait ».

Au final, c’est donc le coût du lait pour le transformateur qui doit être pris en compte pour déterminer le prix des produits que l’on trouve en rayon, bien plus que le prix du lait . Une baisse du prix du lait pourrait donc, paradoxalement, conduire à une hausse du coût du lait si les prix des sous-produits et la consommation de yaourts s’effondraient trop.

Le fait que l’évolution des prix des yaourts ne suive pas exactement l’évolution du prix du lait n’est donc pas aussi bizarre que certains voudraient bien le laisser croire aux consommateurs. Ce point méritait d’être rappelé en temps utile.

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Un commentaire pour “Perrette et le coût du lait”

  1. Quel serait le bon prix du lait? | Le blog de bertrand dussauge dit :

    [...] blog de Yoplait ne répond pas à la question du juste prix du lait mais explique le calcul du cout du lait. Enfin, [...]

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