La crise économique et le ralentissement de l’économie mondiale que traverse notre pays se reflètent un peu plus, chaque jour, dans l’organisation et la vie des multiples organisations caritatives qui effectuent leur travail quotidien, pour aider nos compatriotes à conserver un peu de dignité et subvenir aux besoins nutritionnels essentiels.
On constate aujourd’hui combien essentiel fut le travail réalisé par certaines figures mythiques, comme Coluche avec les Restos du Cœur dans le milieu des années 80 ou l’Abbé Pierre avec Emmaüs tout au long des 50 dernières années. En vingt ans, les Restos du Cœur ont multiplié par 10 le nombre de repas distribués: plus de 90 millions en 2007-2008, plus de 700 000 personnes accueillies, dont plus de 25 000 nourrissons. La fédération française des Banques alimentaires recense de son coté 113 000 tonnes de denrées distribuées, auprès de plus de 700 000 bénéficiaires, au travers d’un réseau de près de 5000 associations.
Etre responsable d’un centre de distribution d’une organisation caritative est un acte d’une extrême humanité. C’est une démarche qui nécessite de nombreuses qualités. Je rencontre régulièrement des responsables d’associations qui œuvrent au sein des Banques alimentaires : c’est un travail harassant, qui requiert une très grande disponibilité émotionnelle. La réponse à donner à un être humain qui vient de perdre emploi ou domicile ne s’improvise pas. Les mots justes viennent le plus souvent parce qu’on a, par le passé, été confronté à la même expérience.
Et c’est aussi s’engager dans un véritable rôle de manager. Pour faire tourner un camion frigorifique d’une plateforme logistique à l’autre tout en gérant au mieux la capacité de la chambre froide et les horaires de distribution, il faut être doté de réels talents de logisticien, aussi petit que soit le centre de distribution dont on a la charge.
Enfin, et de plus en plus, ce rôle sort totalement d’une logique de bénévolat. Quand on passe plus de 50 heures par semaine à s’occuper des autres, il est rare que l’on puisse en consacrer d’autres à un travail rémunérateur. L’organisation des plus gros centres requiert souvent l’implication d’équipes d’une dizaine de personnes, qui deviennent rapidement salariés de la structure de distribution. C’est aussi l’une des caractéristiques de l’activité caritative en France : vers une professionnalisation accrue, pour un service d’une meilleure qualité.
Yoplait s’est illustré, cette année encore, par son aide apportée aux Banques alimentaires, avec plus de 1000 tonnes de produits frais (8 millions de pots de yaourts) distribués depuis nos plateformes d’Argenteuil, du Mans, de Givors et de Toulouse.

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