Place au futur, n’en déplaise aux défunts

Par Lucien Fa

 

J’ai lu dans l’édition papier du  5 janvier de  l’ International Herald Tribune, un petit article intitulé « Old Singapore’s last land », rédigé par Seth Mydans, qui m’a littéralement fasciné. Cette ville-Etat à la surface minuscule a connu une expansion démographique et économique inimaginable selon nos critères, passant de 1.6 millions d’habitant en 1960 à 4.8 millions aujourd’hui pour atteindre selon les prévisions 6.5 millions en 2050.

Dès lors, la question vitale qui se pose de manière de plus en plus aiguë aux dirigeants est celle de savoir où loger ses citoyens.

A moins d’annexer un territoire voisin, que faire ? L’Etat a pris les choses en main très sérieusement, de façon très pragmatique, sans états d’âme. Le peu de surface que l’on pouvait gagner sur la mer l’a été, les maisons individuelles ont été rasées et leurs habitants relogés dans des gratte-ciels, le tout dernier village du pays étant sur le point d’être remplacé par des tours (expropriés et régulièrement « déménagés pour aller dans des immeubles plus hauts » 90% des gens vivent dans des immeubles d’état). Mais aujourd’hui, même l’espace vertical vient à manquer. Alors ?

Alors, la logique de la rationalisation et le pragmatisme sont mis en pratique de façon absolue, d’une façon qui laisse pantois notre esprit occidental. C’est ainsi que les cimetières, qualifiés « d’utilisation inefficace de l’espace » sont effacés de la carte après crémation des corps qui y résidaient eu égard au principe d’efficacité.

Et cela marche. Le pays, méconnaissable,  est passé en 30 ans du statut de marais du tiers-monde à l’un des premiers états du monde en termes de PNB par habitant. Ce résultat force à la fois à réfléchir à nouveau sur l’éternelle question de la fin et des moyens et à se pencher et pourquoi pas s’inspirer d’un modèle qui allie libéralisme économique et Etat social fort avec succès.

 

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