Non, le yaourt ne rend pas obèse
Il y a quelques mois, dans un dossier consacré à l’obésité, le magazine Marianne avait fait sensation et n’hésitait pas à déclarer: « le yaourt fait grossir ». Suivait une diatribe violente contre l’un de nos concurrents, sous le prétexte qu’une équipe de chercheurs français, dirigée par le Pr Didier Raoult, avait fait une observation scientifique intéressante, publiée dans la revue anglaise British Poultry Science: des poulets, auxquels on avait administré du lactobacillus fermentum, s’étaient « … transformés en coqs démesurés d’une taille supérieure de 30% à celle d’un coq ordinaire, avec un poids en conséquence … ». Estimant que les probiotiques transformaient les gentils petits poussins en coqs géants, le magazine en conclut que l’effet sur l’organisme de l’être humain devait être similaire. Et que le yaourt sous toutes ses formes serait une des causes de l’obésité sur la planète.
Il y a de quoi rester perplexe face à ce type de désinformation. On ne sait par quoi commencer. Par le sensationnel ? Par les conclusions à l’emporte pièce ? Par le passage, un peu rapide, du coq à l’homme ? Le lactobacillus fermentum n’est pas la bactérie lactique utilisée pour fermenter le yaourt (cf. le billet publié précédemment sur ce sujet).
Les prébiotiques et parfois les probiotiques sont classiquement ajoutés à l’alimentation animale afin d’optimiser la croissance, avec des gains relativement faibles comparativement à l’impact d’autres facteurs tels que des bonnes pratiques d’élevage.
La publication citée par Marianne montre donc simplement « … qu’une seule dose de Lactobacillus fermentum permet d’améliorer la croissance en poids et le facteur d’efficacité nutritionnelle des repas ». Autrement dit, l’observation scientifique faite par l’équipe de chercheurs cautionne simplement la valeur nutritive de ces bactéries chez le poulet.
Non, le yaourt ne rend pas obèse. Il s’agit juste d’un aliment dont les vertus nutritionnelles sont parfaitement avérées. Et dont l’ingestion de ferments lactiques par les gallinacées provoque des effets de bord. Point final. On peut se demander jusqu’où va le sensationnalisme d’une certaine presse hexagonale.
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Tags: alimentation, bactéries, croissance, élevage, medias, obésité, presse, probiotiques, yaourt

22 octobre 2009 à 9:52
Je suis désolée mais je ne vois pas comment on peut affirmer de ce qui se produit chez les poulets ne se produit pas aussi chez l’homme … en tant que scientifique, je ne vais pas croire un article sur parole, il faut mener une étude et nous verrons bien les résultats.
Ça ne sert à de supposer ceci ou cela, nous voulons des faits, des faits scientifiques, avec des études sérieuses à l’appui et non financées par les fabricants de yaourts svp …
Merci.
23 octobre 2009 à 17:34
En matière de santé, la plus grande prudence est bien entendu souhaitable. Et l’expérimentation animale a souvent permis de révéler ou de vérifier les effets de tel ou tel médicament. Dans pareils cas, les chercheurs procèdent avec une démarche rigoureuse. Les informations et données communiquées respectent également ce critère de rigueur qui caractérise la recherche scientifique.
C’est ensuite, lorsque la presse rediffuse les informations, que les choses diffèrent. Le sensationnalisme de l’article de Marianne est sans rapport avec la teneur exacte de l’article initial, qui mentionne un accroissement de taille des poulets testés, et ne parle ni d’obésité, ni d’effet sur l’homme. Avant d’arriver à de telles conclusions, il faudrait lancer un programme de recherche publique visant spécifiquement à valider - ou invalider, pas de conclusion hâtive, n’est-ce pas? - les allégations relatées par le magazine.
Une autre façon d’aborder le sujet est de se poser la question : les forts consommateurs de yaourts ont-ils réellement un poids supérieur à la moyenne? Les études épidémiologiques semblent conclure l’inverse : les forts consommateurs de yaourt auraient un poids inférieur à la moyenne.
1 novembre 2009 à 20:01
Concernant Actimel je ne vois pas l’utilité de consommer quotidiennement un produit nous apportant 1 milliard de germes! d’autant plus que ce produit est pauvre en calcium et protéines.
Pour moi je préfère manger un yaourt ordinaire par jour produit par l’industrie ou par moi-même (le goût est plus doux!)
16 novembre 2009 à 15:20
le problème reste le même désinformation ou pas.
Les résultats obtenus ne sont pas à prendre à la légère.
Rappelons que Didier Raoult a été classé dans les 10 meilleuirs chercheurs français par Science et que publier dans Nature n’est pas à la portée du permier venu. Les critères et vérifications faites sur une publication avant d’être publiée sont très strictes (surtout quand on parle de la 1er revue en science biologique). Alors pour les initiés (dont je fais partie) et/ou les fans de la théorie du complot votre réponse n’est pas réellement satisfaisante.
Quand on sait qu’une étude sur la flore intestinale des obèses montrent qu’ils sont bourrés de probiotiques et que les obéses représentent 65% de la population américaine (1er consomateurs de probiotique au monde!!!), n’est on pas réllement en droit de se poser des questions ?
Une enquête épidémiologique indépendante ne serait-elle pas à faire?
Une autre question totalement indépendante du sujet, pourquoi Yoplait défendrait un de ses concurents alors qu’il n’est que très peu présent sur le marché du probiotique ???
16 novembre 2009 à 20:39
Nous ne remettons absolument pas en cause les travaux de ce scientifique, mais l’utilisation passablement orientée qu’en a fait un organe de presse de même que l’amalgame entre croissance et obésité. Les laboratoires indépendants ont tout à fait le droit - et le devoir, oserai-je ajouter - de mener ce type de recherche. Mais il faut savoir en analyser les résultats avec impartialité.
Quelques données sur les USA : la consommation de yaourt y est encore très basse comparée à la France, avec seulement 3% des américains consommant un yaourt un jour donné. D’autre part, les études des consommations alimentaires aux USA comme en France semblent montrer une corrélation inverse entre la consommation de yaourt et l’indice de masse corporelle.
Concernant votre dernier point, enfin, nous ne prenons pas la défense de nos concurrents, mais cherchons, au travers de ce blog, à éduquer le grand public sur des sujets liés à l’industrie alimentaire, et notamment à les aider à aiguiser leur sens critique sur certains sujets qui nous semblent particulièrement intéressants.
20 novembre 2009 à 17:22
Vous avez raison, au sens strict, le lactobacillus fermentum entre autres) n’est pas la bactérie lactique utilisée pour fermenter le yaourt ! Mais les préparations incrimnées (je ne citerai pas les marques, mais parait-il, fond du bien et renforce nos défenses immunitaires… et contiennent au moins des ) ne sont justement pas forcément des yaourts… ce sont ce que l’on appelle vulgairement des “préparations laitières” qui n’ont pas accès réglementairement à l’appellation yaourt car leur ensemencement en bactérie n’est pas exclusivement à base de lactobacillus bulgaricus et de streptococcus thermophilus mais également de bifidobacteria…
De plus pour tous les autre produits fermentés autres que yaourt, le lactobacillus fermentum est pratiquement toujours présent…
Tout le monde sait maintenant que la composition du microbiote humain influe de manière (très) importante un grand nombre de nos fonctions métaboliques et immunitaires, en particulier la capacité d’extraction et de conversion énergétique (très utile pour économiser et produire plus de “viande” avec moins de ration alimentaire dans l’élevage, mais pas très bon pour nous, surtout dans les pays d’opulence, nous obligeant à manger moins… pour finalement essayer ne pas grossir !). Ainsi tout ce qui est suceptible de modifier cette flore doit être maintenant être étudié scientifiquement de façon beaucoup plus approfondie… surtout lorsque l’on fait partie des distributeurs en “en masse”.