Banque alimentaire : Yoplait dégage les dégageurs
Christine Boutin, Ministre du Logement, de la Ville et de la Lutte contre l’exclusion, nous a récemment sollicités, comme tous les acteurs de l’agro-alimentaire, pour des dons en nature à la banque alimentaire. Depuis quelques semaines, les associations caritatives en charge de l’aide alimentaire tirent en effet la sonnette d’alarme puisque l’envol des prix et le nombre croissant de personnes démunies pourraient se traduire par 14 millions de repas manquant en 2008. Si, face à cette situation, le gouvernement français a décidé de doubler le programme d’aide alimentaire, les subventions européennes n’ont en revanche pas été augmentées. Et ce sont environ 15% de produits en moins que peuvent distribuer les associations.
Il y a dans cette situation plusieurs éléments choquants à mes yeux. Le fait même qu’en France, pays parmi les 8 plus riches du monde, tant de personnes ne puissent tout simplement pas manger à leur faim, est le vrai scandale.
Mais il y en a d’autres, d’ordre économique. Je viens ainsi de découvrir, en étudiant la meilleure façon de répondre à l’appel qui nous a été fait, un autre mini-scandale. C’est celui de ceux que nous appelons dans le métier les « dégageurs ». Ces grossistes d’un genre particulier nous rachètent à des prix dérisoires des produits ultra-frais affichant une date de péremption de moins de 17 jours, que nous ne sommes pas autorisés à vendre aux grandes et moyennes surfaces, même s’ils sont évidemment encore parfaitement bons. Les dégageurs, eux, les revendent sur les marchés à bas prix… tout en réalisant des marges de l’ordre de 300. Moi qui suis pourtant un homme de commerce, ne peut accepter que l’argent qui devrait revenir aux producteurs de lait, et ceux qui transforment ce lait, bref ceux qui travaillent, tombent dans les escarcelles de ces intermédiaires.
Cette prise de conscience a été salutaire puisqu’elle m’a amené à prendre une première décision aussi simple que radicale : désormais, Yoplait cesse de revendre ses invendus à des dégageurs et les offre à la banque alimentaire. Ce qui devrait représenter environ 24 millions de pots de yaourts par an.
Par ailleurs, je souhaite que notre groupe, et au-delà toute l’industrie, se mobilise pour faire cesser une autre pratique qui me choque : la destruction pure et simple de tonnes de produits bons à la consommation. J’espère avoir l’occasion de revenir là-dessus avec de bonnes nouvelles dans un prochain billet
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Tags: aides, banque alimentaire, industriels, subventions, yoplait

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