Des négociations de tarifs sans contrepartie ? Oui, mais des deux côtés

Par Stephane Dalyac

On ne négocierait pas assez en France ? J’ai tendance à penser qu’on ne négocie surtout pas dans un cadre législatif assez équilibré. Libérer la négociation pour faire baisser les prix est l’un des objectifs du projet de loi de modernisation de l’économie, qui voit dans de la réforme des règles encadrant les rapports fournisseurs/distributeurs le meilleur moyen de défendre le pouvoir d’achat sans mettre d’argent publique dans l’économie (comme cela aurait été le cas dans l’hypothèse évoquée de la baisse de la TVA sur les produits alimentaires).

Chez Yoplait, nous sommes en phase sur le principe avec cette approche. Mais nous trouvons que la proposition actuelle n’est pas équilibrée.  La fameuse « négociation sans contrepartie » qui a fait couler beaucoup d’encre prétend favoriser la libre négociation des tarifs entre fournisseurs et distributeurs. En fait, elle accentue l’inégalité du rapport de forces existante entre les partenaires commerciaux, et se traduira par une domination encore accrue des grands distributeurs sur les fournisseurs.

Ce que nous demandons, en tant que fournisseur, c’est de négocier à armes un peu moins inégales. D’abord en ayant un droit élargi en terme de refus de vente, le droit en somme de choisir avec quelles enseignes nous souhaitons commercer. Après tout, les distributeurs, eux, ne s’en privent pas !

Enfin, il me semblerait vraiment efficace de supprimer le seuil de revente à perte, tout en maintenant bien sûr en place les mécanismes légaux empêchant les pratiques de prédation, d’ailleurs pratiquement inexistantes sur notre marché.  Faire sauter ce verrou permettra que les distributeurs cessent de se cacher derrière nos tarifs supposément trop élevés. Finalement, ce que nous souhaitons, c’est plus de liberté afin que chacun puisse trouver des clés de croissance qui permettront de diminuer les prix de vente.

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